Les étapes du guide
Vendre un résultat à prix convenu ou facturer des journées retenues ne donne pas la même visibilité sur une mission. Le bon choix dépend de ce que tu peux définir, des décisions attendues du client et de la manière dont vous suivrez les changements.
Pour construire le montant et ses hypothèses économiques, retrouve la méthode pour calculer le prix d’un projet freelance. Ici, on compare les modèles commerciaux, avec un cas fictif et les points à clarifier avant l’accord.
- Le résultat et le niveau de visibilité du périmètre.
- Le prix global ou les unités de temps retenues.
- Le suivi du budget et l’autorisation des changements.
- Le calendrier de paiement, distinct de la méthode de prix.
Distinguer le prix d’un périmètre et le prix du temps retenu.
Au forfait, tu proposes un prix pour une prestation définie, avec ses livrables et ses conditions. Le TJM (taux journalier moyen) est le prix par journée convenu, appliqué au volume de journées facturables retenu. Le choix change la manière de préparer et de suivre le budget ; il ne remplace pas le cadrage de la mission.
Utiliser l’estimation sans la confondre avec la facture
Tu peux estimer quatre jours pour construire un forfait, puis convenir d’un prix global. Les jours servent alors au chiffrage interne. Dans une mission au TJM, il faut préciser comment les journées seront retenues, suivies et examinées par le client. Une estimation de quatre jours n’a donc pas nécessairement le même effet dans les deux propositions.
Séparer le modèle de prix du calendrier de paiement
Un forfait peut être associé à différents échéanciers convenus sans devenir un TJM. Un prix journalier n’impose pas non plus un paiement chaque soir. Distingue le montant ou sa méthode de calcul, la condition de démarrage et les dates de règlement. Le client doit comprendre ces trois décisions séparément avant le début du travail.
Préciser ce que couvrent une journée et une demi-journée.
Un TJM est incomplet si la journée reste indéfinie. Convenez de son contenu, de la façon de compter le temps et des tâches couvertes : production, préparation, réunions ou déplacements, selon le cas. Précise aussi comment sera traitée une intervention courte ou une journée interrompue par une dépendance du client.
Décrire les unités choisies
Indique la référence horaire ou les plages d’intervention retenues lorsque cela aide à lever une ambiguïté. Le prix d’une demi-journée doit être discuté ; il ne se déduit pas automatiquement en divisant le TJM par deux. Les conditions de réservation et de modification des dates méritent aussi une décision adaptée.
Une journée réservée, une journée travaillée et une journée écoulée ne décrivent pas le même événement. Clarifie leur traitement plutôt que supposer que toute présence au calendrier est facturable, ou que toute indisponibilité sera absorbée sans conséquence.
Préparer un suivi lisible
Choisis les informations à transmettre : date, activité, quantité de temps retenue et référence de la tâche. Identifie qui examine le relevé, à quelle fréquence et comment résoudre une différence. Ce suivi documente le travail selon les règles convenues ; il ne crée pas, à lui seul, l’accord sur une journée supplémentaire.
Choisir selon la visibilité du périmètre et des décisions.
Un périmètre stable rend plus facile la préparation d’un forfait : résultat identifiable, apports disponibles, revue organisée et dépendances comprises. Lorsque les priorités évoluent au fil du travail, un cadre au temps peut être envisagé, avec un suivi et des limites budgétaires. Aucun modèle ne rend une mission floue automatiquement maîtrisable.
Évaluer ce que tu peux réellement prévoir
Vérifie le contenu disponible, les accès, les personnes qui tranchent et les critères d’examen. Si ces éléments manquent, le nombre de jours peut varier pour des raisons que le seul tarif ne résout pas. Une étape de cadrage définie peut aider à décider du lot suivant, quel que soit le modèle finalement retenu.
Rendre les responsabilités de décision visibles
Au forfait comme au TJM, précise les livrables ou objectifs de la phase et le rôle du client. Des changements de priorité quotidiens demandent un autre suivi qu’une présentation finale d’un résultat arrêté. Choisis le fonctionnement que les parties peuvent effectivement tenir.
Dans Dealokr, les conditions et leur signature donnent une référence commune au projet. Pour préparer un forfait, tu peux y relier un prix convenu et un périmètre suffisamment décrit ; l’estimation interne en jours reste un repère de préparation, distinct d’un décompte réel de régie.
Lire un exemple fictif avec le même périmètre.
Imaginons la création d’un dossier d’accueil avec des contenus fournis et des livrables définis. L’estimation est de quatre jours. On compare un forfait convenu de 2 000 € HT à un TJM fictif de 500 €/jour HT. Les frais distincts sont exclus pour isoler la comparaison ; aucun de ces montants n’est un tarif conseillé.
Comparer les montants selon les jours retenus
Dans les trois scénarios, le périmètre et les conditions du forfait restent identiques, sans demande ajoutée. Pour le TJM, les journées indiquées sont réellement retenues comme facturables selon l’accord, et non de simples journées écoulées. Toute journée supplémentaire est supposée autorisée, avec le plafond revu préalablement lorsqu’il s’applique.
| Durée retenue | Forfait convenu | TJM à 500 €/jour |
|---|---|---|
| 3 jours | 2 000 € HT | 3 jours × 500 €/jour = 1 500 € HT |
| 4 jours | 2 000 € HT | 4 jours × 500 €/jour = 2 000 € HT |
| 5 jours autorisés | 2 000 € HT | 5 jours × 500 €/jour = 2 500 € HT |
Le calcul au TJM est ici « journées facturables retenues × tarif convenu ». Le forfait demeure le prix du périmètre fixé dans l’exemple. Si le contenu change ou qu’une autre condition intervient, il faut examiner la nouvelle décision au lieu d’appliquer mécaniquement cette table.
Ne pas transformer l’exemple en dépassement automatique
Avec un plafond de quatre jours et de 2 000 € HT, la cinquième journée demande un arbitrage avant sa réalisation. Le tableau ne constitue pas une autorisation de dépasser. Les montants ne sont pas des revenus nets : dépenses, prélèvements et conditions réelles de la mission restent à prendre en compte.
Comprendre ce que l’efficacité et l’incertitude changent.
Dans le forfait fictif, terminer le même travail en trois jours ne recalcule pas automatiquement le prix en trois TJM. Le client a accepté une prestation à prix convenu. La différence de durée modifie toutefois ton économie interne ; elle doit être rapprochée des coûts et de la qualité du travail livré.
Regarder aussi une estimation trop courte
Si le même périmètre demande plus de temps que prévu, le forfait ne devient pas automatiquement une facture supplémentaire. Examine la cause : estimation, incident, contribution manquante ou changement accepté. Il faut traiter cette situation selon le cadre de la mission, sans classer chaque dépassement de temps comme un ajout du client.
Ne pas confondre TJM et volume garanti
Un tarif journalier ne garantit pas qu’un nombre donné de journées sera commandé ou retenu. Il faut définir la durée prévue, les dates et les conditions de modification. Le client a besoin de visibilité sur les dépenses ; le freelance a besoin de comprendre la mobilisation réellement convenue.
La rentabilité ne se lit donc pas dans le seul nom du modèle. Elle dépend aussi du prix, du travail, des frais et de la manière dont les décisions seront prises. Garde les hypothèses visibles pour discuter ce que chaque partie peut prévoir et ce qui demande encore un choix.
Faire traiter les retours et les changements dans le bon cadre.
Un forfait doit préciser les révisions incluses et le traitement d’un besoin ajouté. Au TJM, les priorités peuvent évoluer dans le cadre convenu, mais il reste à déterminer leurs effets sur le volume, les dates et le budget. Dans les deux cas, distingue un écart au travail prévu d’un nouveau résultat demandé.
Rattacher la demande à la référence utile
Décris la version, le point concerné et le résultat attendu. Une correction d’un élément convenu ne devient pas automatiquement du temps supplémentaire facturable simplement parce que la mission est au TJM. De même, un forfait ne signifie pas que toute nouvelle idée est comprise sans discussion.
Confirmer les conséquences avant la production ajoutée
Propose un ajout, un remplacement ou un autre lot avec ses conséquences. En droit français, l’article 1193 du Code civil prévoit la modification du contrat par consentement mutuel ou pour les causes autorisées par la loi. Garde la décision et ses références avec le cadre initial, en choisissant les documents adaptés aux enjeux.
Une phase de découverte au temps puis une phase au forfait peut être pertinente si chacune possède un objet, un prix ou une méthode de calcul et un point de décision. Cette organisation doit être explicitement convenue, sans faire passer une estimation exploratoire pour un résultat déjà commandé.
Convenir du budget, du suivi et des décisions de dépassement.
Pour une mission au temps, annonce une estimation et précise sa portée. S’agit-il d’un ordre de grandeur, d’une enveloppe maximale ou d’un lot de journées commandées ? Un chiffre isolé ne permet pas de savoir ce qui est autorisé. Identifie aussi les moments où le client pourra vérifier la consommation du budget.
Définir le traitement d’un plafond
Un plafond doit préciser le montant ou le volume, le périmètre concerné et l’action attendue lorsque la limite approche. Dans notre exemple, prévoir de revoir la situation avant le cinquième jour permet de discuter priorité, contenu ou nouvelle enveloppe. Le supplément ne découle pas automatiquement de la durée passée.
Choisis un suivi adapté : activités réalisées, jours retenus et travail restant à décider. Si une différence apparaît, rapproche-la des règles convenues et fais-la clarifier avant la suite. La personne chargée d’examiner le relevé peut être différente de celle qui autorise un changement de budget.
Préciser séparément les règlements
Décris les dates ou événements de paiement, les pièces nécessaires et les frais distincts. Une facturation périodique, un paiement au départ ou un autre calendrier ne se déduit pas du seul mot « TJM » ou « forfait ». Vérifie la cohérence entre la méthode de prix, la proposition et le parcours effectivement choisi.
Relier le modèle commercial au parcours réel de la mission.
Avant l’accord, reformule le résultat ou la phase, le prix ou son calcul, les jours éventuellement retenus, la revue et la manière de décider des changements. Le client doit pouvoir expliquer ce qui est commandé et ce qui reste à confirmer. Tu disposes ainsi d’une base commune pour commencer.
Préparer un forfait à partir d’une estimation en jours
Une estimation de quatre jours peut nourrir un forfait dont le montant est ensuite convenu. Le suivi interne peut t’aider à améliorer tes chiffrages ; il ne transforme pas ce prix global en facturation au réel. Pour une régie ouverte, prépare un cadre adapté aux périodes, aux relevés, aux décisions et au budget réellement convenus.
Préparer une mission au forfait dans Dealokr
Au forfait dans Dealokr, le client paie 100 % avant production via Stripe Connect, puis consulte un aperçu et peut demander les révisions prévues. Tu demandes le transfert selon les conditions du projet ; sa confirmation ouvre l’accès aux fichiers finaux hébergés. Le versement bancaire est distinct.
Présente cet ordre et le périmètre avec le prix accepté. Le client peut ainsi retrouver ce qui est prévu, comprendre l’action attendue au fil du projet et suivre la remise du travail dans un cadre partagé.
Choisis le modèle à partir du travail et des décisions que la mission demande. Définis les unités, les limites et la suite lorsqu’une hypothèse change. Le forfait et le TJM deviennent alors des propositions compréhensibles, avec un prix et un parcours que le client et toi pouvez suivre.
- Bpifrance Création — Comment fixer ses prix dans un projet de création d’entreprise ?
- Code civil — article 1193 : modification du contrat
- Dealokr — Paiement au forfait avant la production
- Dealokr — Conditions, aperçu, révisions et remise après transfert confirmé
Ce guide propose une méthode de discussion pour une mission entre professionnels. L’exemple est fictif, sans tarif de marché ni revenu net garanti. Le repère juridique mentionné concerne la France et doit être adapté au contrat et à la situation.
Des repères concrets pour cadrer tes missions et tes paiements.
